Tendances aléatoires

des lettres

06 mars 2007

MleDge

Elle a baissé le rideau comme dit Delphine.
Pourtant, j'aimais bien ses colères, sa joie de vivre.
Et même ses lunettes.

On peut encore la voir quelques jours.

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05 mars 2007

2006 - Là-bas si j'y suis

Je n'aime pas l'hiver, ou plutôt je n'aime plus l'hiver. Ou alors il faudrait ne rien y faire.

A l'aube d'un demi siècle, je ne sais pas encore si je suis moi ou une autre, inventée de toutes pièces, aux réactions conditionnées. Difficile de se faire une idée par soi-même et l'image renvoyée par les autres est trop subjective.
Fille du printemps, je me sens décliner. Ma voix, entâchée par trop de cigarettes, le souffle court, ne m'obéit plus au doigt et à l'oeil, comme avant. Je conduis plus lentement. Je me conduis plus décemment. Parfois, cela me plait, d'avoir réussi, par tant d'efforts voulus ou non, à me discipliner, à me compartimenter. Parfois, aussi, me vient l'idée d'envoyer tout promener. Au hasard, d'un tournant, sur la route, me dire que finalement, je vais continuer, mais ailleurs. Laisser tout. Ne rien conserver. Abandonner cette vie douillette et me confronter à l'aventure. Recommencer. Renaître.
Et puis, deux tournants plus tard, me viennent des langueurs. Vivrais-je sans voir mes enfants? Combien de jours, de nuit, sans entendre leur voix, leurs pleurs? Pourrais-je boire un chocolat sans apercevoir la bouche de ma fille, cette grosse bouche aux lèvres roses, aspirant son lait, le matin? Pourrais-je chanter, danser, respirer comme si de rien était sans les yeux de mon fils, sans sa tignasse mal peignée? Ces deux-là, chacun à sa manière, je le sais, pâtiraient de mes abandons. Mon mari aussi qui tourne et retourne quand, parfois, je suis malade. Son sourire, ses soupirs, quand je vais mieux.
De ces langueurs, mes mains ne retiennent que le retour au bercail. Elles tournent le volant et remettent la vie dans le droit chemin. Là où, finalement, j'aime à pointer mon nez. Là où, aussi, je suis aimée.
Et même si cette aventure n'est pas digne d'être contée, tant elle est morne et disciplinée, je crois que j'y suis à l'aise. A l'aise d'avoir accompli ce petit miracle sans y être  prédisposée. A l'aise d'être cernée.

Mes grands espaces sont ridiculement petits. Mais j'ai des projets. Aller voir la mer, sentir les embruns sur ma peau, respirer l'iode et m'en emplir les poumons. Chasser la brume qui, parfois, pervertit mon âme. Renâitre mais en gardant mes constructions instables. Un beau challenge pour une fille du printemps qui ne sait pas être, sans faire table rase de sa vie.

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JMLP, le triste sire

Entendu ce matin, sur France-Inter, un monsieur qui se préoccupe beaucoup, cette campagne électorale, des animaux de compagnie.
C'était bien triste. C'est encore plus triste de penser qu'il y a des gens qui votent pour lui. Qui se font avoir.
Ce type-là est un grand égoïste qui joue sa pièce tous les 5 ans et qui ne demande rien d'autre. Le pouvoir? trop fatiguant....... "Être aux affaires", comme il dit, l'obligerait à réfléchir, à agir et à déléguer,  son aura nauséabonde s'en trouverait toute décrépite!

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04 mars 2007

Lectures vacancières

Deux livres:

le_dieu_des_petits_riensLe dieu des petits riens d'Arundhati Roy, une découverte que je n'ai pas lâchée avant de l'avoir terminée. Une vision de l'Inde qui force mon émotion et m'invite à aller fouiller pour comprendre.

sepulvedaLe vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda, une pure merveille, courte et jouissive à lire. Humour et tendresse. A lire en espagnol pour ceux qui le peuvent (pour moi, c'était en français....). Mon plaisir fut si intense que j'ai fait l'acquisition de deux autres romans que je n'ai pas encore lus.

Dans le Télérama de cette semaine, un article splendide à lire: le périple d'un(e) journaliste dans le train Pekin /Lhassa, avec détails techniques et politiques. L'occasion de voir fonctionner le train le plus haut perché du monde, mais aussi celui qui sonnera peut-être la fin du Tibet, que la Chine aimerait bien annexer définitivement. N'oublions pas que sous ses hautes montagnes se cachent des gisements immenses dont le monstre a besoin pour étendre sa toile.

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1962 - J'avais un chien

J'avais un chien. Un boxer baveur aux oreilles et à la queue coupés comme les cannons de l'époque le préconisaient.
Nous nous entendions comme larrons en foire. Une petite fille et un chien, du même âge mental, dans un grand jardin, sont faits pour s'entendre. J'avoue que je ne me le rappelle pas. Sans doute avons-nous échangé intensément, mais ce fut sur un temps tellement court, les bribes de souvenirs qui me restent m'ont été racontées.
Au fond du jardin, il y avait un grand et superbe noyer, qui produisait, comme vous pouvez vous y attendre, des noix.
Je les adorais, j'aurais fait n'importe quoi pour en croquer une.  Avec mon ami chien, nous avions passé un marché; il cassait la coque et j'allais récupérer au fond de sa gueule les cerneaux délicieux. Autant vous dire qu'ils étaient couverts de salive, et la salive de boxer est par nature compacte et odorante. Je suppose que ma mère se rendit vite compte de la statégie et qu'elle y mit fin de façon musclée. 
J'avais aussi une autre sale habitude. Losrque que ce pauvre animal mangeait, je m'amusais à lui ôter la gamelle, puis à la lui rendre. Le cinéma dura, dura jusqu'a ce qu'il en ait plus qu'assez et saisisse ma main. J'ai hurlé bien sûr. Mes parents, aussitôt accourus, ont sans doute pris la mesure des dégats. Ma mère m'a avoué, longtemps après, que je ne saignais pas, mais qu'ils avaient profité de la situation pour se défaire de l'animal qu'ils trouvaient trop difficile à élever.
Aurai-je réagi de la même manière? C'est vrai qu'on n'a pas à prendre de risque et que la sécurité d'un enfant passe avant toute chose.
C'est drôle les souvenirs. Je me rends compte que ma vie de petite fille n'est qu'une suite d'instantanés photographiques vus et revus. Toutes ces questions que l'on pose à sa famille, à ses parents  pour savoir, comprendre, enregistrer, comme s'il fallait, pour se l'accaparer, apprendre sa vie par coeur.

Et je n'arrive pas à me souvenir du nom de ce cabot qui a partagé ma vie. Il faut que j'appelle ma mère.....

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28 février 2007

1961 - Mon grand père

Je suis dans les bras de mon grand-père. Le mois de juin rayonne. Nous sommes dans le jardin de la maison que mon père vient d'acheter en banlieue parisienne. Il me regarde et me dit: "Chante, Michèle, chante!" Et je chante. Il est gai, mon grand-père, on dirait que la vie lui sourit, et pourtant, quand on sait, cette vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille.
Il a les joues toutes rondes, mon grand-père, et des poils qui sortent de ses narines.
Il s'appelle Remo, il est italien et mélomane. Il est aussi ébéniste. Quand il a débarqué au début du XXème siècle en France avec son père, c'était un tout jeune homme qui n'avait, pour tout bagage, q'un baluchon avec quelques outils.
Il a trouvé du travail dans le quartier du faubourg Saint-Antoine, puis une femme, parisienne d'adoption, venue de son plateau des Mille Vaches dans le cantal. La Toscane et le ventre de la France qui se rencontrent.
Si je suis fière d'être d'origine italienne, j'ai toujours eu l'impression que mon grand-père ne l'était pas. Les seules concessions faites à son "italienneté" étaient des concessions culinaires: mortadelle, jambon cru et les oignons dont il disait "l'oignon fait la force", ce délicieux jeu de mot dont nous nous gargarisions lorsque j'étais petite.
Il parlait sans accent, écrivait le français sans faute. Il s'était fondu, incorporé, il avait intégré, décortiqué. Il était devenu français jusques au bout des ongles.
Avec ma grand-mère, ils habitaient un petit appartement en location au 24 de la rue Titon, à Paris. Sans salle de bains, mais nanti de toilettes qui représentaient un luxe démesuré. La cuisine était ridiculeusement petite et le garde-manger stockait la nourriture sur l'arrière-cour de l'immeuble.
C'est là qu'ils ont emménagé en 1915 et qu'ils ont élevé leurs quatre enfants.
Dans la salle à manger, il y avait un poële qui brûlait au charbon, qu'on allait chercher à la cave; je me rappelle que c'était interdit d'y aller dans cette cave, parce qu'on remontait noires comme des charbonniers. Pourtant, nous, ma soeur, ma cousine et moi, on adorait ça.
Il avaient aussi un terrain rue du cimetière à Yerres dans l'Essonne. Ils y allaient tout l'été, c'était leur soupape de vapeur, le bouchon de sécurité qui leur permettaient d'affronter Paris le reste de l'année. Mon grand-père y avait bâti des "cabanes": une salle à manger/cuisine, un atelier, une remise à outils, des toilettes de fortune au fond du jardin. On s'éclairait au gaz, ça faisait une dôle de lumière toute jaune.
La pièce que je préférais, c'était la chambre, une tribune de courses hippiques montée sur pilotis qui faisait comme une roulotte. Il y avait installé deux chambres séparée par un demi-mur et il fallait tirer sur de petits fils incrustés dans la paroi pour allumer les lampes de chevet. Et puis, sur les lits, il y avait de gros édredons en plumes.
De ce terrain, je n'ai que peu de souvenirs. Je ne sais pas pourquoi, était-ce ma grand-mère qui était trop fatiguée pour nous prendre, ou mes parents qui n'étaient pas "prêteurs" , mais nous n'y séjournions pas. Une petite promenade dominicale, et c'était tout.
Le jardin était beau. Mon grand-père cultivait des légumes, mais il avait aussi le culte de certaines fleurs. Notamment de grosses touffes de pivoines roses et rouges que j'adorais. Avec ma cousine, on y "faisait des aventures". Directement inspirées du Club des Cinq, elle était Annie la peureuse et j'étais Claude le garçon manqué. On visitait le cimetière aussi, en catimini. On adorait les petites pierres de couleur qui ornaient les tombes. Et parfois, je l'avoue, nous en glissions quelques unes dans nos poches, que nous rapportions comme des trésors.
En 1961, je ne jouais pas encore avec ma cousine dans le jardin de mes grands-parents.
Mais j'ai des photos, me montrant avec mon père qui me tend les bras, encarapaçonnée dans une combinaison blanche, j'y marche en criant de bonheur.
Sans doute, les prémices de futures grandes joies.

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27 février 2007

Mon île

Je t'ai découverte par hasard, au gré d'un chemin qui devait me mener à la mer.
Avec une amie, et nos enfants, nous avons atterri à Port blanc, au pied de l'embarcadère. Là, une dame, avec un petit panier dont dépassaient quelques poireaux, s'est amusée de mon chien à la race indéterminée. Puis, pressée de nos questions, elle nous a invités à prendre le bateau et à franchir les 800 mètres qui te séparent  du continent.
C'était en février, il faisait un temps radieux, mais le vent nous a arraché des larmes pendant la traversée.
On est tombées amoureuses. J'y suis retournée cette année. L'amie était au ski, mais la harangue au téléphone a été verte. Comment pouvais-je, moi, son amie, "péleriner"  sans elle? Tant mieux, j'y repartirai, encore et encore, et tu viendras avec moi, lui ai-je répondu.
Voilà l'histoire. Voici les photos.

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Des mimosas à ne plus savoir qu'en faire. De petites ruelles bordées de maisons aux volets de toutes les couleurs. Des camélias géants. Brume et éclaircies alternent et l'on voit la mer de tous les côtés.
Un côté bobo aussi mais qui reste caché à l'intérieur des villas d'architecte, aux persiennes closes, qui ne vivent que pendant la période estivale. Et puis, ils ont aussi le droit de vivre, les bobos, n'est-ce pas?

Un peu comme une terre d'adoption.
Un peu comme un nouvel amour.
Un amour d'hiver ou d'automne.
L'été, ça ressemble trop à ailleurs.

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25 février 2007

1960 - Premières vacances.

Je n'ai marché qu'à seize mois.
J'étais décrite comme une flemmarde, qui ne demandait qu'à goûter les multiples parfums de la vie et qu'il ne fallait pas bousculer.
Mes premiers pas, je les ai faits sur les marches de l'église de l'avenue Jean Médecin à Nice. Entre deux bouts de gorgonzola dont déjà je raffolais. Je vous raconte tout ça, ce n'est pas que je m'en souvienne, bien sûr. Non, on me l'a décrit et j'en ai une preuve photographique.
Je sais aussi qu'on se trouvait à Nice parce que la première idée de mon père avait été la bretagne et que, finalement, il trouvait qu'il y pleuvait un peu trop. Alors, hop, dans la 2CV, avec bagages, femme, enfant et belle soeur, direction le sud, et par la N7.
En chemin, j'ai fait pipi sur ma tante, vieille fille grincheuse et maniaque de l'ordre et de la propreté, qui  eut du mal à s'en remettre, puisque quelques 47 années plus tard, elle en parle encore. J'imagine ce que dut être ce voyage d'ouest en sud, sur cette route bordée de platanes, une véritable équipée ensoleillée avec guide Michelin en main.
Par la suite, la famille se rendit dans les alpes maritimes, chaque année, comme en pélerinage. Je ne sais d'où venait cette amitié de mon père pour ce département. Lui, fils du nord, parisien par inadvertance, était décidément habité par l'illusion du sud. Quant à ma mère, elle suivait manifestement, avec bonhomie, l'impulsion.
Mes vacances d'adulte ne sont plus de la même essence. J'ai rigoureusement tranché dans le vif des habitudes familiales.
Je déteste toute cette mer du sud, inaccessible, trop belle pour être vraie et qui ne se livre qu'avec parcimonie. Mon amour de la normandie, puis de la bretagne est-il l'héritier de ces vacances systématiques dont, arrivée à l'âge de 16 ans, je ne voulais plus entendre parler? J'eus l'impression, au bout de quelques années, d'y  faire de la figuration. J'y étais, sans y être, enfouie dans mes lectures, avide de voir, de sentir autre chose. J'ai gardé la mer en héritage, mais la mienne n'est pas bleu azur, elle est plutôt tempétueuse, sent fort et préfère souvent le noir et blanc à la couleur.

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19 février 2007

1959 - Merci maman

Je ne sais pas si mes parents s'aimaient vraiment.
Sans doute un peu quand même, puisque leurs fiançailles ont duré, duré jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement sûrs de leurs choix. Personne n'a jamais officiellement jasé, ce qui est parvenu à mes oreilles n'est que des bribes de racontars que je n'ai jamais osé vérifier. Les gens sont parfois tellement méchants, gratuitement.
On a dit dans ma famille que mon père avait fait un mauvais mariage et que celui de ma mère était porté par l'intérêt d'accéder à une classe sociale plus aisée. C'est triste une famille, parfois.

Je suis née le 10 avril 1959, aux environs de 14H.
Bien sûr, et ainsi que la plupart des pères de cette époque, le mien n'était pas là.
Quand j'ai vu le jour, ma mère dormait, assommée par le masque à éther qu'on utilisait à cette époque quand un accouchement virait au pire.
Elle est depuis allergique à l'éther et au roquefort, conséquences apparemment logiques de son empoisonnement de jeune accouchée, l'allergie au second découlant de l'exposition au premier.
Je ne voulais pas naître, mes forces de trop petit bébé m'avaient abandonnée. Il a fallu qu'ils me sortent de là manu militari, autrement, j'y serais encore. Est-ce pour cette raison que j'ai peur de l'eau, parce qu'on m'en a tirée trop fort ou trop vite, du moins à un moment où je ne m'en sentais pas encore capable?
Ma mère a lutté pendant 48h pour me mettre au monde. J'ai gardé la trace des forceps pendant plusieurs mois.
Je l'envie de son courage. Moi, actrice de cette naissance, j'aurais tout envoyé ballader, demandé une césarienne, hurlé, vociféré, déclaré que finalement je n'en voulais plus de ce bébé trop faible pour montrer son nez.
Je ne lui ai jamais dit merci. C'est bizarre comme on ne remercie jamais ou si peu ses parents de ce don qu'ils nous ont fait.
Alors, pour attraper le temps qui passe, merci, maman.

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15 février 2007

Invitation

Journée de folie. C'est la veille des vacances. Et comme d'habitude, la liste sur mon petit carnet est longue. J'ai tant de choses à faire que je ne sais pas où donner de la tête.
A 9h30, au milieu du hall, je tiens le pochoir pour qu'une des élèves du CVL termine la décoration de la cabane à café. De jolis grains dorés, une tasse fumante. C'est plutôt réussi. Au bout de 5 mns, je lâche le morceau de plastique, j'ai oublié que j'avais un rendez-vous avec un parent et des professeurs. Longue discussion où chacun tente de trouver, de proposer des solutions pour que la jeune fille retrouve l'épanouissement qu'elle nous montrait l'an dernier.
La porte à peine fermée, je me jette sur les mots d'absence, édite les lettres, les signe et rajoute sur certaines le petit mot pour demander un rendez-vous, un numéro de téléphone.
Je décide d'aller déjeuner, je me sens un peu faible. Canard farci et frites, voilà un menu digeste. Un café et c'est reparti. L'après-midi, entre deux coups de fil, je remplis les bordereaux de chèques du foyer, je les glisse dans l'enveloppe.
A 15h, alors que je suis, la tête dans le tiroir de mon armoire, en train de chercher les feuilles d'enregistrement des photos scolaires, Yann entre. Ils sont toute une famille de G., cousins, frères qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
Je ne sais jamais auquel j'ai affaire. Je lui lance: "Yann?". "Oui, bonjour, Madame". "Bonjour, Yann, que puis-je pour toi?" "Je viens pour vous inviter à mon baptême."
Et il me tend une feuille sur laquelle il a écrit la date, l'heure et le lieu de la cérémonie. Avec un plan détaillé au crayon à papier et le chemin qui conduit à l'église au stylo bleu.
J'en suis restée bouche bée. Je me suis ressaisie, l'ai remercié. Je lui ai dit que je ne savais pas si je pourrais en être.
Et puis, dans un dernier sursaut d'honnêteté, je lui ai dit que j'étais très touchée par sa demande et j'ai ajouté que je n'étais pas croyante.
Après son départ, j'ai lu la petite phrase qui accompagnait son invitation. Tirée des évangiles, elle disait, en substance, que si les croyants pouvaient être assurés du paradis, les autres ne seraient pas sauvés.
Le tout est de savoir si le sauvetage en vaut la peine. Certains disent que l'enfer est certainement bien plus amusant. Une idée sur la question?

Posté par perle_d_eau à 22:24 - Perles de lycée - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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