20 mars 2007
Des heures, des heures, et encore des heures...

copyright académie de rennes
J'en suis au 10 ème et j'ai compté, si je les faisais tous, j'en aurais 23.
Je donne ma place à celui qui veut.
Je pense de plus en plus que ma présence n'est nécessaire que lorsque je n'ai pas bien oeuvré avec le professeur principal et l'équipe.
Rien ne remplace l'échange et la recherche de solutions avant.
Après, c'est trop tard, ou inefficace.
Camarades professeurs, laissez le CPE rentrer chez lui, quand, au bout de 10h de travail, il a les yeux en berne, le cheveu mou et l'oreille qui divague.
Libérez les CPE!
NB: On ne spécule pas sur mon apparence physique. Sur le dessin, je suis, de dos, les cheveux longs, blonds et bouclés, la taille fine, et le nez au vent..
15 février 2007
Invitation
Journée de folie. C'est la veille des vacances. Et comme d'habitude, la liste sur mon petit carnet est longue. J'ai tant de choses à faire que je ne sais pas où donner de la tête.
A 9h30, au milieu du hall, je tiens le pochoir pour qu'une des élèves du CVL termine la décoration de la cabane à café. De jolis grains dorés, une tasse fumante. C'est plutôt réussi. Au bout de 5 mns, je lâche le morceau de plastique, j'ai oublié que j'avais un rendez-vous avec un parent et des professeurs. Longue discussion où chacun tente de trouver, de proposer des solutions pour que la jeune fille retrouve l'épanouissement qu'elle nous montrait l'an dernier.
La porte à peine fermée, je me jette sur les mots d'absence, édite les lettres, les signe et rajoute sur certaines le petit mot pour demander un rendez-vous, un numéro de téléphone.
Je décide d'aller déjeuner, je me sens un peu faible. Canard farci et frites, voilà un menu digeste. Un café et c'est reparti. L'après-midi, entre deux coups de fil, je remplis les bordereaux de chèques du foyer, je les glisse dans l'enveloppe.
A 15h, alors que je suis, la tête dans le tiroir de mon armoire, en train de chercher les feuilles d'enregistrement des photos scolaires, Yann entre. Ils sont toute une famille de G., cousins, frères qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
Je ne sais jamais auquel j'ai affaire. Je lui lance: "Yann?". "Oui, bonjour, Madame". "Bonjour, Yann, que puis-je pour toi?" "Je viens pour vous inviter à mon baptême."
Et il me tend une feuille sur laquelle il a écrit la date, l'heure et le lieu de la cérémonie. Avec un plan détaillé au crayon à papier et le chemin qui conduit à l'église au stylo bleu.
J'en suis restée bouche bée. Je me suis ressaisie, l'ai remercié. Je lui ai dit que je ne savais pas si je pourrais en être.
Et puis, dans un dernier sursaut d'honnêteté, je lui ai dit que j'étais très touchée par sa demande et j'ai ajouté que je n'étais pas croyante.
Après son départ, j'ai lu la petite phrase qui accompagnait son invitation. Tirée des évangiles, elle disait, en substance, que si les croyants pouvaient être assurés du paradis, les autres ne seraient pas sauvés.
Le tout est de savoir si le sauvetage en vaut la peine. Certains disent que l'enfer est certainement bien plus amusant. Une idée sur la question?